J'ai 16 ans et je souffre d'encoprésie

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loosha
J'ai 16 ans et je souffre d'encoprésie

Mon nom est Jeanne Berthelot, je vais bientôt avoir 16 ans et je souffre d'encoprésie. Je vous adresse ce message comme dernier recours, car j'ai l'impression que mon cas est pratiquement désespéré (je souffre de ce problème depuis ma plus tendre enfance et il n'est jamais parti). J'ai vu un bon nombre de médecins (psychiatres, psychologues, gastroentérologues, pédiatres, oméopathes, hyptothérapeuthes, etc...). Mes médicaments sont trop inefficaces, et je souffre énormément de cette situation. J'ai tout essayer et je suis à bout, j'ai besoin d'une solution...

diane
Bonjour,
Mon fils de 6 ans et demi souffre également d'encoprésie depuis 3 ans et demi, nous l'avons emmené chez des osthéopathes, homéopathie, pédiatre, psychologue, et il a fait de l'art thérapie (psychologie par le dessin) qui a détecté une angoisse de séparation, il sentait que je n'était pas heureuse avec son papa, il a toujours son problème, il y a 15 jours, il a été hospitalisé pour enlevé un "fécamole"
Je me permet de vous contacter car moi aussi en tant que maman je suis très ennuyée de ce problème,mon fils ainé a eu ce problème a 4 ans, qui a duré seulement 6 mois, il a fait beaucoup de sport, et nous a dit: qu'il avait peur d'évacuer ses selles de peur de perdre une partie de lui, quand a mon deuxième fils il en pleure et en a marre de se problème tout comme vous.
soit disant c'est psychologique?? je vous souhaite de trouver une solution et me tenir au courant, vous êtes une ado et ceci doit être dur a vivre, je partage votre souffrance.
celine-lemesle
Bonjour Jeanne

Je te propose de lire la réponse que j'ai faite à Jimmy sur le même sujet et dans la même rubrique. Parfois l'éloignement familial peut aussi etre une bonne solution, cela permet d'abaisser le stress de ton environnement initial et de te rendre plus autonome pour ta vie quotidienne. Il existe egalement des centres médico psychologiques gratuits où tu peux consulter un psychologue gratuitement si la communication est difficile avec ta famille et que tu ne peux pas solliciter un psy privé. De mon expérience, il est très imortant de communiquer avec tes proches de leur dire ce que tu ressens et d'entamer un travail psychologique si possible. Si ta famille est partante, il faudra probablement qu'elle s'engage aussi avec toi dans le travail thérapeuthique, il 'agit alors d'une thérapie familiale, ce qui aide à comprendre la place que chaque personne occupe dans la famille et pourquoi tu portes ce symptôme. Car bien souvent on a tendance à considérer que la personne qui a un trouble en est responsable, mais cela est faux, il s'agit régulièrement, et encore plus dans le cadre de l'encopérsie d'un symptome familial, qui doit donc se traiter également avec tes parents. J'ai recu pendant deux ans une jeune fille de 12 ans pour les mêmes sujets, sa dificulté était celle de communiquer avec son frère ainé qui avait beaucou de troubles du comportement et des difficultés scolaires. Il prenait toute la place, et elle n'existait plus, sa façon à elle d'exprimer sa rage, sa colère, était l'encopréise, je lui ai appris à en parler ! Ses parents étaient très aimants mais ils ne le savaient pas. Et ainsi le symtome a progressivement disparu.

Tiens bon, l'encoprésie est un trouble long à apaiser, il faut trouver le chemin des mots puis de nouveau ressentir ton corps, pour cela, il faudra aller à heure fixe tous les jours aux toilettes, pour réhabituer ton corps.

courage !!!

psychologue

Céline Lemesle


Céline Lemesle, Psychologue

COLLOT
Bonjour Jeanne,
Je suis tombé sur ton témoignage il y a quelques temps quand je cherchais désespérément des témoignages de personnes encoprésiques pour aider mon petit garçon qui a maintenant 6 ans et qui souffre de se problème. Tout petit les médecins ont mis ça sur le dos de la constipation donc forlax à gogo et parfois avec la quantité qui lui était prescrit c'était pire et franchement n'importe qui se serait fait dessus. Bébé mon fils avait également de l'eczéma qui se développait sur l'ensemble de son visage et son corps ainsi que des boutons d'urticaire parfois. Des problèmes d'asthme aussi. Bref. Je me suis tourné vers un très bon allergologue et il s'est avéré que mon fils était allergique au soja (saloperie qu'on trouve un peu partout dans les produits industriels)! Quand on a arrêté le soja plus aucun problème de peau. Je me suis rendu compte de son problème de caca n'étais pas normal à partir du moment où il est rentré à l'école. J'ai rencontré l'année dernière une gastro pédiatre qui m'a prescrit une prise de sang qui a révélé énormément d'autres allergies alimentaires. J'ai revu également l'allergologue et mon garçon est allergique en plus du soja à l'oeuf, dinde, poulet, moutarde, levure boulangère, arachides . Bref la misère car pas facile de se nourrir quand c'est autant de choses. Mais malgré tout on y arrive est je vois une nette différence sur l'ensemble de la santé de mon garçon! Là je profite du confinement pour faire des petits tests. Hier je lui ai donné des pâtes qu'il adorait avant qui peuvent contenir de l'oeuf et comme par hasard il m'a refait des belles traces dans son slip! Si tu es toujours dans la même galère à l'heure d'aujourd'hui je reste à ta disposition si je peux t'aider.

Amélie

Melvyn Guillemois
Bonjour, je m'appelle melvyn j'ai 18 ans passé et je suis également encoprésique, je le suis depuis que je suis tout petit et malgré des efforts considérables de ma mère je m'en sort pas, actuellement je sais pourquoi je m'en sort pas, j'ai des lavements adultes à prendre tout les 2/3 jours le temps que mon intestin reprenne sat taille initiale mais le soucis, je les prend pas. Pas moyen, comme pour faire le ménage, ou des trucs embêtant a faire, j'ai une sorte de flemme pour presque tout mais ça implique aussi mon traitement, ce qui cause des énervement dans ma famille surtout avec ma mère, qui me vois comme un mec qui s'en fou au final et qui s'en fiche de l'impact sur les autres. Je sais pas quoi faire, pas quoi chercher, j'ai essayé des psy mais pas moyen les seules personnes à qui je me confie presque complètement ce sont des amis proches, le reste j'y arrive pas. Niveau émotion c'est pareil que l'encoprésie, j'accumule jusqu'à la rupture. Je sais pas du tout si ça a un lien mais j'aimerais que tout ça s'arrête. En espérant que quelqu'un puisse m'aider, merci.
Frank Sweig
Bonjour Melvyn. Je faisais des recherches pour me plonger dans ce monde très âpre de l'encoprésie dont je suis sorti, à mes 16 ans. J'en ai 29 aujourd'hui.

Je ne sais pas si mon témoignage t'aidera mais sache en tous cas que tu n'est pas seul, tu n'es pas un monstre et que tu es une personne belle, à part entière. J'ai commencé à faire de l'encoprésie à l'âge de 6 ans, je faisais de l'énurésie depuis mes 2 ans. Cela m'a suivi jusqu'à mon année de seconde.

De prime abord je n'ai pas eu une enfance très reluisante. Mes parents se sont séparés lorsque j'avais 2 ans (premier signe) et mon père a été absent nous voyant moi et ma sœur un week-end tous les quinze jours. Mon beau père avec lequel ma mère s'était remariée très peu de temps après était une personne horrible, une personne désirant que ses enfants (ma sœur et moi ainsi que ma demi sœur nouvellement venue au monde) soient des symboles de perfection. J'ai compris bien plus tard qu'il avait subis des moqueries petit étant un enfant en surpoids, ce qui peut être une piste de son mode de pensée au moment de mon enfance. Perfection donc, ça mes sœurs savaient y faire. Douces et compréhensives, bonnes élèves à l'image d'un enfant de magasine la comparaison était dure à tenir pour moi. Qui plus est, j'étais LE fils. Celui qu'il pourrait modeler à son image. De l'extérieur tout se passait bien, nous faisions bonne figure auprès des amis qui venaient diner, un beau modèle de classe moyenne épanoui, une belle famille bien propre (sauf moi). Dès mes 6 ans mon beau-père a commencé à se montrer agressif à mon égard l'encoprésie nouvelle commençait à l'exaspérer. Comment pourrais-je devenir parfait avec une tare pareille, une honte sociale si grande que tout le monde s'accorde à la stigmatiser : "se chier dessus". Et en ça je ne peux que faire parvenir tout mon amour aux gens atteint de ce trouble car je sais à quelle point c'est un handicap honteux, du moins que les autres définissent comment tel. S'en est alors suivi de mes 6 à mes 12 ans ce qu'il a appelé de façon fleurie "la vérification d'usage". C'est à dire la cérémonie de baissage de pantalon avant de manger, devant tout le monde et parfois mes grands parents (complices), afin de vérifier si mon slip était propre. Evidemment il ne l'était jamais. Ou bien j'avais réussi à le cacher et à me changer avant le repas (cacher ses slips est une chose, il me semble, que partage beaucoup d'encoprésiques). S'en suivait alors une fessée devant tout le monde avec l'obligation d'aller laver mon slip avant de manger. Pendant 6 ans… Je ne cite ici que cette "vérification d'usage" (Terme gravé au burin dans mon crâne) car il y avait aussi les moments où il était plus en colère et les brimades étaient alors de mises avec même des fois des applications cutanées de mes matières fécales à même mon corps. Bref.

Ma mère s'est séparée de cette homme et a retrouvé un (autre) beau-père. Celui-ci très doux, compréhensif mais qui se retrouvait alors avec la garde d'un ado "sale". Lourde responsabilité qu'il a porté pendant le temps où il était avec nous. Je l'en remercie encore aujourd'hui. Cela ne s'est pas arrêté après le chaotique divorce de ma mère ni avec lui, du moins pas de suite.

Quand cela s'est-il arrêté alors ? A mes 16 ans. En seconde. Je n'arrive pas encore bien à tout saisir de ce bouleversement. Il m'en reste deux choses. La première c'est que j'étais évidemment beaucoup plus heureux et apaisé dans mon climat familial. Plus de sévices, l'arrivée de l'adolescence et cette sensation de pouvoir peu à peu acquérir du pouvoir sur ma vie. La deuxième, et la plus importante, c'est une rencontre. Un ami. Une personne qui m'a tellement donné d'amour et de joie comme si c'était ça la solution. Un environnement, des gens qui nous aiment et sont bienveillants avec nous. Une personne qui nous donne envie d'aller plus loin et de nous dépasser. Je sais, ça peut paraitre cliché et un peu nian nian dit comme ça mais c'est comme ça que je comprends l'arrêt de ce fardeau qui m'a beaucoup suivi. J'ai alors été aux toilettes, j'ai poussé tout ce que j'avais et j'ai eu mal. Car je sais que ça fait mal et que la peur de ce mal peut être un facteur supplémentaires dans l'encoprésie (même si ce n'est à mon avis pas du tout la cause). J'ai été aux toilettes une fois, puis deux, puis trois en voulant que ça s'arrête en voulant profiter pleinement des nouvelles joies que m'apportait cet ami et les aventures en devenir.

Je me retrouve tellement dans ce que tu décris dans tes habitudes de vie, vis à vis du ménage et dans cette flemme constante. Je l'ai encore pas mal à bientôt trentre ans. Ma chambre est en bordel et je laisse trainer des assiettes. Elle peut être considérée comme sale par d'autres mais qui sont ils pour savoir ce que c'est de vivre pendant des années dans le "vrai sale". L'habitude qu'on prend à cela et la normalisation que cela crée dans nos mode de vie. Envoie les se faire foutre, pour le moment, et va à ton rythme pas à pas.
"Niveau émotion c'est pareil que l'encoprésie, j'accumule jusqu'à la rupture. Je sais pas du tout si ça a un lien mais j'aimerais que tout ça s'arrête". Ta phrase, à mon sens, dit tout. Je pense qu'au départ, au commencement, tout vient d'un mal-être que l'enfant n'arrive pas à exprimer face à l'adulte. Tu parles de ta mère ? Es tu un enfant de divorcé ? Si oui, à quel âge tes parents ont-ils divorcés ? Un mal-être donc que l'enfant garde en lui, comme ses émotions. Une façon de crier à l'aide face à un monde qui n'écoute pas et une communication défaillante car encore en construction. Alors après on s'habitue, on se met à verbaliser mais le mal est fait. On se fait mal. Pour ma part je vois ça comme l'expression d'un destruction de soi, d'un rejet de soi au départ matraqué par les adultes pour au final être intériorisé. Et c'est là tout le problème on intériorise qu'on est nul, on est nul point. On est notre propre bourreau à cause d'eux. D'où mon conseil de se concentrer sur soi, de se dire qu'on a de la valeur et de se l'entendre dire par d'autres, de belles et bonnes personnes.

Un jour un psy m'a dit "il faut que vous vous pardonniez". J'ai fondu en larmes, je fond encore en larmes en l'écrivant. Je crois qu'il touchait au vrai, c'est son image de soi qu'il faut changer comme une personne à part entière méritant ses joies comme tous les autres et que non tu n'as pas être quelqu'un d'autre, tu es déjà très beau. Il faut en prendre conscience. Tu as du, comme toutes les personnes atteintes de ce trouble, apprendre à te cacher, à être méfiant constamment, la clé, je pense c'est justement de sortir de sa tanière.

J'espère t'avoir un peu aidé, même un tout petit peu et ne pas avoir été condescendant sur ta situation. Nous n'avons pas eu la même vie mais ce trouble nous rapproche. J'espère que ce message ne fait pas trop "c'est comme ci moi je sais".

Je te souhaite tout le bonheur du monde Melvyn et j'espère que cela va s'arranger pour toi. En tous cas c'est possible et aime toi même si notre enfance ne nous a pas trop appris à le faire.