Bonjour,
Le père du petit ami de ma fille a mis fin à ses jours et a créé un choc terrible pour tous
Il.laisse un fils et une fille. Sa fille 30 ans, ressent une culpabilité envahissante de n avoir pas pu empêcher cela.
Comment l aider , comment trouver les mots
Merci
Carine


Il n’est jamais possible d’anticiper un suicide. Lorsqu'une personne souffre trop, elle voit bien souvent la fin comme une délivrance, la seule issue.
Les pensées des personnes suicidaires peuvent être altérées par la dépression sévère et éteindre ainsi l’espoir d’une amélioration.
C’est très violent pour la famille qui, face à une telle impuissance et sidération, cherche naturellement et à tout prix une raison, une réponse, une explication au geste.
Et dans la plupart des cas la seule façon pour retrouver un semblant de maîtrise peut se révéler dans la culpabilité : « si je suis responsable, c’est que j’avais encore un peu de contrôle sur la situation ». La culpabilité éponge aussi la colère et la détresse.
Ces mécanismes sont normaux et nécessaires pour traverser le deuil mais peuvent aussi se cristalliser en TSPT (trouble du stress post traumatique).
Et dans ce cas il est essentiel de consulter rapidement pour éponger le trauma avant qu’il ne s’enkyste.
Comment voir si le trauma perdure ? Certains symptômes ne trompent pas : cauchemars répétés, réactions physiques fortes si déclencheur, évitement des souvenirs et des personnes en lien avec l’événement, des croyances négatives sur soi même, perte des intérêts, avoir du mal à éprouver des sentiments positifs, se sentir coupé ou distant des autres, explosion de colère, prise de risque, être en état d’hypervigilance, sursauter, avoir du mal à se concentrer, à trouver le sommeil, à rester endormi ….
Il existe également des trauma vicariants (la personne n’a pas subi elle même l’adversité, mais est en lien avec celui ou celle qui l’a vécu) qui peuvent revêtir les mêmes difficultés. Ainsi une conjointe peut ressentir une adversité similaire dans le deuil traumatique de son compagnon.
Il a été démontré que les personnes peuvent éponger naturellement l’événement adverse en un mois, au delà de cette période, si le cerveau reste saturé, il ne faut pas attendre et contacter un professionnel pour apaiser cet afflux de cortisol et favoriser sa résolution à travers notamment des scénarii réparateurs.
Plusieurs thérapies ont été reconnues pour leur efficacité : notamment l’EMDR et plus récemment le Brainspotting qui en est issu.
Si vous souhaitez plus d’informations sur la prise en charge du psychotrauma je vous invite à lire les différents articles mis en ligne sur mon site.
Je vous souhaite tout le courage nécessaire pour traverser cette épreuve.
Céline Lemesle, Psychologue